Depuis la fermeture du dispositif Pinel au 1er janvier 2025, le paysage de la défiscalisation immobilière en France a profondément changé. Quels dispositifs fiscaux restent accessibles aux investisseurs en locatif, et surtout, lequel offre le meilleur levier selon le type de bien visé ?
Comparatif des dispositifs fiscaux pour l’investissement locatif en 2026
Plusieurs mécanismes coexistent désormais, chacun avec ses propres conditions et son propre fonctionnement fiscal. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux dispositifs accessibles aux particuliers souhaitant investir dans l’immobilier locatif.
| Dispositif | Type de bien | Mécanisme fiscal | Durée d’engagement |
|---|---|---|---|
| Relance logement (Jeanbrun) | Neuf ou ancien rénové | Amortissement du prix d’acquisition | Acquisitions entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028 |
| Denormandie | Ancien avec travaux (centre-ville dégradé) | Réduction d’impôt | 6, 9 ou 12 ans |
| LMNP (loueur meublé non professionnel) | Meublé (neuf ou ancien) | Amortissement comptable et déduction des charges | Pas de durée minimale imposée |
| Loc’Avantages | Ancien (conventionné Anah) | Réduction d’impôt proportionnelle à la décote de loyer | 6 ans minimum |
| Déficit foncier | Ancien avec travaux (location nue) | Imputation des charges sur le revenu global | 3 ans minimum de location après imputation |
Ce qui frappe d’emblée : le neuf sans travaux ne bénéficie plus d’aucune réduction d’impôt directe depuis la fin du Pinel. Le dispositif Relance logement prend le relais, mais avec une logique radicalement différente.

Dispositif Relance logement (Jeanbrun) : un amortissement, pas une réduction d’impôt
La loi de finances n° 2026-103 du 19 février 2026 a instauré le dispositif Relance logement, aussi appelé dispositif Jeanbrun. Il vise les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.
La différence fondamentale avec l’ancien Pinel tient au mécanisme fiscal. Le Jeanbrun repose sur un amortissement du prix d’acquisition, c’est-à-dire une déduction comptable étalée sur les revenus fonciers, avec possibilité d’imputer une partie sur le revenu global. Il ne s’agit plus d’une réduction d’impôt calculée sur un pourcentage du prix du bien.
Cette distinction a des conséquences concrètes :
- L’amortissement profite davantage aux contribuables ayant des revenus fonciers existants, car il vient directement minorer la base imposable.
- Pour un investisseur sans autre revenu foncier, l’effet fiscal est moins immédiat qu’une réduction d’impôt directe comme celle du Pinel.
- Le dispositif inclut un « statut du bailleur privé » qui encadre les conditions de location (plafonds de loyers, zones géographiques éligibles).
En revanche, ce mécanisme d’amortissement rapproche le traitement fiscal du locatif nu de ce qui existait déjà en LMNP pour le meublé. Les deux régimes partagent désormais une logique comptable similaire, ce qui simplifie la comparaison entre location nue et meublée.
LMNP et déficit foncier : les deux piliers qui résistent à chaque réforme
Le statut LMNP reste le dispositif le plus utilisé pour la location meublée. Son fonctionnement n’a pas été supprimé par la fin du Pinel, et il continue de permettre l’amortissement du bien, du mobilier et la déduction de l’ensemble des charges (intérêts d’emprunt, travaux, frais de gestion).
La LMNP n’est pas une loi de défiscalisation au sens strict, mais un régime fiscal qui peut aboutir à une imposition nulle sur les revenus locatifs pendant plusieurs années. C’est cette caractéristique qui en fait une « niche fiscale » durable, moins exposée aux changements législatifs que les dispositifs à durée limitée.
Le déficit foncier, lui, concerne la location nue avec travaux. Les dépenses de rénovation (entretien, réparation, amélioration) sont déductibles des revenus fonciers, et l’excédent peut être imputé sur le revenu global dans la limite fixée par la loi. C’est un levier particulièrement adapté à l’ancien dégradé, sans plafond de loyer ni zonage spécifique.
Denormandie et Loc’Avantages : cibler l’ancien pour obtenir une réduction d’impôt
Pour les investisseurs qui recherchent une réduction d’impôt classique (et non un amortissement), deux dispositifs subsistent dans l’ancien.
Le Denormandie s’applique aux logements anciens nécessitant des travaux représentant une part significative du coût total de l’opération, situés dans des communes au centre-ville dégradé. La réduction d’impôt varie selon la durée d’engagement locatif choisie (6, 9 ou 12 ans). Le Denormandie reste le seul dispositif offrant une réduction d’impôt sur un investissement locatif avec travaux.
Loc’Avantages fonctionne différemment : le propriétaire signe une convention avec l’Anah et accepte de louer à un loyer inférieur au marché. Plus la décote de loyer est forte, plus la réduction d’impôt augmente. Ce dispositif vise explicitement les propriétaires prêts à sacrifier du rendement brut contre un avantage fiscal et une sécurisation du locataire (garantie Visale, intermédiation locative).

Quel dispositif fiscal choisir selon le type de bien locatif
Le choix entre ces dispositifs dépend de trois variables : le type de bien (neuf, ancien, meublé), la tranche marginale d’imposition du contribuable et l’existence ou non de revenus fonciers préalables.
Un investisseur visant du neuf sans travaux se tourne désormais vers le Jeanbrun, seul mécanisme applicable. Pour du meublé, la LMNP reste le régime de référence quel que soit le type de bien. Pour de l’ancien avec travaux en location nue, le déficit foncier et le Denormandie sont complémentaires, le second ajoutant une réduction d’impôt au premier.
La fin du Pinel a redistribué les cartes de la défiscalisation immobilière en France. Le passage d’une logique de réduction d’impôt à une logique d’amortissement, incarné par le dispositif Jeanbrun, modifie le profil des investisseurs qui tirent le meilleur parti de ces lois. Les revenus fonciers existants deviennent un critère déterminant dans le choix du bon dispositif, là où le Pinel favorisait avant tout les contribuables fortement imposés sans patrimoine locatif préalable.